Nouvelle revue de l'enfance et de l'adolescence

 

 

Analyser les pratiques ? Pourquoi, pour qui et comment ?

 

premier semestre 2019

Argumentaire

 

Les dispositifs de supervision, d’analyse des pratiques professionnelles ou de régulation, se multiplient dans le champ du travail médico-social et socio-éducatif, plus que jamais traversé par des mouvements qui fragilisent ses assises et face auxquels il convient de maintenir à vif l’appareil à penser individuel et groupal. Les frontières de ces dispositifs sont souvent floues. Que peuvent-ils prétendre apporter aux professionnels concernés  et aux patients ou usagers pris en charge ?

Nous privilégierons une ouverture à la pluralité des styles et des méthodes d’intervention plutôt qu’une définition théorique des cadres supposés adéquats, car notre expérience nous montre qu’en fonction de la diversité des situations institutionnelles, il s’agit, à chaque fois, de tenter de construire un praticable qui permette de mettre l’équipe au travail.

L’analyse des pratiques permet aux professionnels, dans un cadre défini d’interroger leur positionnement. Elle invite chacun à resituer et à élaborer les actes éducatifs ou de soin au sein d’une équipe et d’une institution, aux prises avec les difficultés qu’y manifestent enfants et adolescents.

Ces professionnels doivent y répondre et en répondre, en faisant face à l’épreuve des provocations, transgressions et autres crises. Cela suppose, pour résister à cet impact, de pouvoir travailler collectivement. Il s’agit en effet de dépasser l’illusion d’une réponse experte unique, pour questionner la légitimité des interventions : « au nom de quoi agissons-nous ? » et, dans la mesure du possible, y retrouver du sens. Cette élaboration ne peut être que collective et polyphonique. De plus, les dispositifs d’analyse des pratiques ne sauraient prétendre seuls maintenir vivante la réflexion d’une équipe.

Les dispositifs d’analyse de pratique des cadres sont dans ce contexte, particulièrement utiles, lesquels peuvent se conjuguer avec des espaces de régulation portant sur l’organisation du travail ensemble. Ils explorent plus spécifiquement la dynamique institutionnelle : valeurs, objectifs, processus de pensée, modalités de communication.

La régulation d’équipe pourrait s’entendre quant à elle, comme une offre de médiatisation dans une situation de crise, un soutien à l’altérité professionnelle, convoquant chez les participants un décentrage des affects liés aux relations interpersonnelles pour reconstruire des repères de travail en commun.

A partir de quels constats, ces dispositifs peuvent-ils être préconisés et quelles sont les conditions minimales nécessaires pour leur conférer une légitimité, les mettre en œuvre et en maintenir le cadre, sur les diverses scènes institutionnelles toutes confrontées aux difficultés de prise en charge des enfants et des adolescents ?

Enfin aujourd’hui, apparaît de plus en plus souvent un écueil supplémentaire lié aux mutations dans les organisations. Mobilité de l’encadrement intermédiaire, redéploiements, transformations des projets et des populations accueillies sous la pression des appels d’offres et des orientations portées par les instances d’habilitation et de contrôle, l’ensemble impose une accélération du rythme des changements . Ces remaniements soumettent en effet les professionnels à de profondes modifications de leurs repères de travail, avec des modalités de mise en œuvre de protocoles qui remettent en cause la valeur de l’expérience « métier ». Ils se vivent alors comme pris dans des injonctions paradoxales fortement anxiogènes qui les confrontent à la question « quel est désormais le sens de notre travail ? ». Ce désarroi a bien évidemment des retentissements sur la prise en charge des enfants et des adolescents accueillis.

Car l’institution, au-delà d’être une formation sociale, assure diverses fonctions dont fonder les identifications des individus sur le groupe et proposer des idéaux organisateurs. Ce faisant, elle apporte une protection, en offrant un espace commun de réalité psychique. Elle peut se révéler aussi — d’autant lorsqu’elle est confrontée aux bouleversements évoqués supra — une source de souffrance, au regard des alliances inconscientes et de mécanismes tels que le refoulement, le désaveu, le déni. Ne s’agit-il donc pas, à partir de la demande de mise en place de l’un ou l’autre de ces dispositifs, d’aider l’équipe à repérer, nommer, analyser et élaborer ce qui demeure en négatif et qui pourtant l’agit(e) à son corps défendant ?

Pour proposer une publication :

A philippe.petry@gmail.com (06 45 57 71 06)

A dom.mahyeux@wanadoo.fr

Diverses contributions sont possibles pour ce numéro : des réflexions sur une expérience d’accompagnement d’équipe, ou de cadres, des apports plus théoriques, des témoignages de professionnels sur les intérêts et les limites des dispositifs auxquels ils ont participé.

Processus d’élaboration des articles proposés

Etape n°1

Validation de la proposition d’article par le Comité de Rédaction pour son adéquation avec la ligne éditoriale et le thème du numéro

Envoi de l’accord à l’auteur avec une date limite de réception de l’article complet.

Etape n°2

Lecture et validation en double aveugle par deux membres du comité de lecture avec éventuellement des demandes de modifications ou des recommandations qui sont adressées à l’auteur avec une date limite de réception de la version définitive.

Etape n°3

Vérification par le Comité de Rédaction de la prise en compte, par l’auteur, des modifications demandées par le comité de lecture.

Etape n°4

Validation par l’auteur des épreuves de son article envoyées par l’éditeur.

Recommandations de mise en forme

La première proposition d’article ne dépasse pas 1000 caractères

La longueur souhaitée pour les articles est de 25 000 à 30 000 signes typographiques (en comptant les espaces et les notes de bas de page).

Le titre, le résumé comme les mots clés doivent être traduits en anglais et apparaître en début de texte juste après le titre en français.